Published On: Thu, Sep 15th, 2011

Qui sont les musulmans d’Angers ?

Arrivés dans les années 70 par le biais de l’immigration, les musulmans d’Angers sont aujourd’hui parfaitement intégrés dans le paysage angevin. Ils disposent de plusieurs lieux de culte dans l’agglomération, même si le projet de grande mosquée se fait attendre.

Cinq cents adhérents à l’AMA (Association des musulmans d’Angers), 300 à 400 fidèles à la mosquée turque de Trélazé. S’il est difficile de chiffrer exactement le nombre de pratiquants sur l’agglomération, on peut l’estimer à environ un millier.

Les premiers musulmans sont arrivés dans les années 70 près d’Angers, appelés par les offres d’emploi dans le bâtiment mais surtout dans les carrières d’ardoise de Trélazé. Ils ont ensuite été rejoints par leur famille. « Dès 1964-65, des travailleurs immigrés ont été appelés à venir travailler en France. Ils venaient du Maroc, de la Tunisie… Ils étaient souvent plusieurs dans les appartements et s’organisaient entre eux pour prier ensemble », explique le prêtre Jacky Claude, qui a notamment travaillé à l’église pastorale des migrants. A l’époque, les musulmans disposent d’un lieu de culte rue de Jérusalem puis rue Saint-Exupery, près du quartier Deux-Croix Banchais.

Au début des années 80, les musulmans commencent à se structurer en associations. L’association culturelle turque est créée en 1980, l’Association des musulmans d’Angers voit le jour en 1981. « Aussitôt, nous avons réfléchi à l’idée d’avoir nos locaux », explique Dindar Ayici, le président de l’association culturelle turque. Ils les trouveront à Trélazé : 1500 m2, dont 350 destinés au lieu de culte. Boulevard du Doyenné, les musulmans d’Angers disposent depuis 2001 de 300 m2, souvent trop petits au moment des prières. « Nous sommes obligés de mettre les tapis dehors », expliquent les responsables de l’AMA.

1998 marque un tournant dans la vie de la communauté. L’association culturelle turque inaugure sa propre mosquée rue Parmentier près du quartier des justices, avec un minaret de 21 mètres de hauteur, le premier – et aujourd’hui toujours le seul – de l’agglo. « En 1998, c’était encore rare en France », note Dindar Ayici. Désormais, l’AMA souhaite les imiter, en construisant sa propre mosquée, non sans mal (voir encadré).

En plus de ces lieux de culte se sont créés des lieux de culture. L’association culturelle turque dispose de classes de cours, dans lesquelles sont donnés des cours de Coran et de soutien scolaire. Pour s’autofinancer, l’association possède cinq logements qu’elle loue. Elle organise, comme l’AMA, des cours de soutien scolaire. Les musulmans d’Angers préparent des ateliers cuisine, des conférences et visite aussi des collèges et lycées afin de parler de leur religion. « Il y a un dialogue interreligieux, basé sur l’éducation et la formation », affirme le président de l’AMA. Dans l’agglomération, de nombreux lieux sont également disponibles, afin de permettre aux musulmans d’acheter de la viande halal. « De ce côté là, nous avons tout ce qu’il faut », expliquent les responsables de l’AMA. Un réseau associatif dense, des locaux bien implantés, mais aussi des relations inter-religieuses saines. Sur un territoire très marqué par la catholicisme, les musulmans angevins ont su trouver leur place.

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